Dec
12
2008

Mon depart definitif de Rabat, ete 1964

Derniere journee a Rabat un Dimanche de Juillet 1964:

Albert Rato mon ami d’enfance, cet ami de tous mes 400 coups, celui qui m’accompagna dans toutes mes peripeties r’baties depuis mon enfance, mon voisin au 38 rue du capitaine Petitjean fut ma derniere amitie perdue de Rabat . C’est ainsi que nous fimes nos adieux!

Nous allames au cafe Cinq Parties du Monde rue Henri Popp , centre de la jeunesse juive R’batie. Nous commandames un bon the a la menthe et jouames au Rami 51.C’etait pour nous souvenir de nos innombrables journees passees ensemble depuis 1947.

Ensuite nous louames deux bicyclettes au cycliste juif du Boulevard Joffre et pedalames vers tous nos coins favoris de notre chere Rabat.

Ce parcours d’Adieu definif et peut etre eternel nous mena du quartier de la Tour Hassan a la petite Chapelle qui avait ete notre lieu de loisirs tous les Vendredis apres-midi de l’age de 8 ans a 10 ans car on y donnait des films pour 20 centimes et les petites filles etaient si mignones.

Puis ce furent le Centre-Ville, en passant par notre cher Jardin du Triangle de Vues, lieu de toutes nos petites escapades et cachettes. Ce furent ensuite nos adieux aux ecoles de notre enfance : l’AIU pour moi, l’ecole du Chellah pour Albert, et ensuite notre tres cher Lycee Gouraud et son Stade si cher a nos coeurs!

La limite de notre parcours avait ete l’Agdal et les stades de foot, puis les ruines du Chellah. Revenant le long de la vallee du Bou Regreg, nos dimes adieu a nos endroits preferes pour la peche et un dernier coup d’oeil a la piscine du CVAR-CNR et ensuite a l’endroit des barcasses,cet endroit ou notre Petit Pont des annees 1950 etait etabli et reliait les deux berges du fleuve Bou Regreg. Ce petit pont flottant sur barques etait celui-meme que nous prenions tous les etes pour nous rendre a notre si aimee petite cabine de la plage de Sale. Ce pont n’existait helas plus, emporte quelques annees auparavant par de grosses marees , une nuit d’intense bourrasque . Cette « catastrophe » pour nous petits jeunes etait peut etre le signe precurseur qui prophetisait deja la disparition au debut des annees 1960 de toutes nos communautes juives et europeennes de nos quartiers , de notre ville de naissance, de Rabat que nous connaissions , la seule ville qui etait notre monde alors!

Albert me dit Adieu , il dit Adieu a mes parents et a ma famile, nous montames dans le grand taxi et plein d’emotion nous primes la route de l’aeroport de Casablanca pour Marseille…

Elie Cohen,

Novembre 2008

Written by Elie_Cohen in: MAROC, MOROCCO,Rabat |

No Comments »

RSS feed for comments on this post. TrackBack URL


Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.

Powered by WordPress | Theme: Aeros 2.0 by TheBuckmaker.com